De l'origine des noms des villes et villages du Luberon

De l'origine des noms des villes et villages du Luberon

Souvent en traversant une ville ou un village du Luberon, nous nous interrogeons sur l'origine de son nom. D'où vient-il ? Depuis quand ? LN a essayé de répondre en partie à ces questions pour vous.

 

 

 

 

Ansouis
L'origine du nom est incertaine. Elle pourrait être issue de la racine pré-indo-européenne AN.T qui signifie « situé sur une éminence ».
Au fil du temps, son nom a évolué de « ad Castrum Ansoyse » au Xème siècle, à « Castro Ansuis » en 1092,  « Ansois » au XIIème siècle,  « Ansoisoi » au XIIIème siècle, « Ansoydium » à la fin du XIIème siècle,  puis « Ansouys » au XVIème siècle, pour se nommer « Ansouis » depuis 1789.


Apt
Le nom d'Apt proviendrait d'une racine ligure HATH qui correspond à un nom de montagne (oronyme). La ville se nomme d'ailleurs At en provençal selon la norme classique et Ate selon la norme mistralienne. Fondée sur ordre de Jules César, son nom latin est « Apta Iulia ».


Auribeau
En 1008, il est fait mention de ce village sous le nom de « Auribello » qui aurait pour origine aureum qui signifie or et bail qui est une altération de val. « Auribello » serait donc la « vallée de l'or ». D'après certains spécialistes, il s'agissait d'une voie de passage permettant le trafic de ce métal précieux.


Beaumettes
La grande caractéristique des Beaumettes est la présence d'habitat troglodyte dans des « Baùmoun » qui sont des grottes en provençal.


Beaumont-de-Pertuis
La première référence concernant Beaumont apparaît en 1079 dans le cartulaire de l'abbaye Saint-Victor de Marseille sous l'appellation « bellum montem » et également « Bellimontis ». Le terme désigne le village sur une hauteur. « Baùmoun » en provençal qui signifie aussi la grotte et rappelle par ce jeu de mot, la présence de la grotte d'Eucher.


Bonnieux
On trouve le nom de « Castrum Bonils » en 1103 (Château Bonils).


Buoux
En 1043, ce village est cité sous le nom de « Biol », puis « Biolis » en 1158, « Buols » en 1274, « Buoulx » au XVIème siècle. Il signifierait : « lieu situé sur une hauteur ».


Cabrières-d'Aigues
Le nom de la commune serait tiré du provençal « cabrièra » qui est « l'étable ou l'enclos à chèvres ».


Cadenet
Le territoire de la commune fut, durant la Protohistoire, le site de la tribu des Caudellenses (Cavares), du nom desquels est issue le nom de Cadenet. La localité est citée à la fin du Xème siècle par « Cadanetum » et « Cadenetum ».


Caseneuve
Dès 978, le cartulaire de l'église d'Apt cite ce village sous le nom de « Casanovo » qui signifie « Maison neuve ».


Castellet
La famille des Bot, dont c'était le fief qui édifia au milieu du Moyen-Age, le castellum ou castelleto et le castrum, dans un territoire vierge.


Cavaillon
Cavaillon doit son nom aux Cavares, une fédération de peuples gaulois qui habitait la colline Saint-Jacques dans l'Antiquité. Le nom de Cavallo est cité au XIIIème  siècle.


Céreste
La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1054  sous le nom de Cicereste et de Cederesta en 1143.


Cheval-Blanc
Son nom est issu de l'enseigne de l'auberge du Cheval Blanc qui existait en ce lieu.


Cucuron
Le nom de la commune est issu de la racine pré-indo-européenne « Kuk » qui désigne un lieu situé sur une montagne élevée ou sur une éminence arrondie. On la retrouve dans les différentes appellations que ce soit castro Cucurone et castro Cucuro au XIème siècle, Cucuronis, Cucurun au XIIème siècle, et Cucuron à partir du XVIème siècle. Cependant la tradition locale attribue l'origine du nom à Jules César, qui aurait dit en voyant les habitants du lieu courir « cur currunt ? » (Pourquoi courent-ils ?).


Dauphin
La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1125  sous le nom de castrum de Delfino. le nom dériverait d’un nom propre romain, Delphinus.


Forcalquier
En 1875, la  chapelle Notre-Dame-de-Provence  fût construite sur un rocher duquel jaillissait une source naturelle appelée Font Calquier, et qui inspira le nom actuel de la commune.

D'autres références énoncent que l'origine du nom de la commune provient de l’association des termes provençaux forn (four) et calquièr, littéralement « four calcaire », que l'on doit comprendre au sens étymologique de « four à chaux ».


Gargas
La première mention du nom de Gargas date de 992  sous la forme de Gargatio.


Gordes
L'origine de Gordes est liée au peuple celte des Vordenses qui érigent un oppidum défensif pour Cavaillon au sommet du roc où se trouve actuellement le village. Le nom de Gordes viendrait de Vordense qui se transforma en Gordenses puis Gordae et enfin Gordes.


Grambois
Grambois viendrait de Garimbode, nom germanique d'un hypothétique propriétaire des lieux au haut Moyen-Age.  


Joucas
Joucas est citée en 1071 sous l'appellation de Jocadae, Jocadium.


La-Bastide-des-Jourdans
Né au XIIIème siècle, le village doit son nom à deux chevaliers, frères et propriétaires du  castrum  alors appelé  bastida.


La-Bastidonne
C'est au XIIIème siècle, époque de défrichements, qu'une « bastide » - probablement l'agrandissement d'un pavillon de chasse originel - est fondée sur les terres des seigneurs de la Tour d'Aigues. Le village garda son nom de Bastide ou Bastidonne de Savaric.


La-Motte-d'Aigues
Le celtique Mota et le bas-latin Motta désignent une petite élévation, naturelle ou artificielle, la motte sur laquelle s’élève le château seigneurial. Le village fut fondé vers le XIème siècle et est désigné en tant de Mota Aiguerii.


La-Tour-d'Aigues
Perchée sur un mamelon au bord de la rivière de l´Eze, La-Tour-d´Aigues doit son nom à une fortification médiévale établie au XIème siècle.


Lacoste
Le premier « castrum de Costae » est cité dès 1038, son nom est dérivé de costa qui désigne une côte en latin.


Lauris
La Villa Laurias à l'origine à Villelaure appartenait à un certain Laurus (laurier  en latin). Ce notable romain avait une seconde villa en ce lieu et la commune est devenue Lauris au Moyen-Age.


Les-Taillades
Les Taillades tirent leur nom du provençal «  talhada  » qui signifie couper, fendre ; activités liées à l'extraction des pierres dans les carrières sur lesquelles le village est construit.


Lioux
Le nom du village est issu du gaulois leuca (brillant, clair) que l'on retrouve dans le nom de tribu des Leuques, lui-même tiré du mot grec leukos (blanc). Il est cité pour la première fois en 960 sous la forme Leuca, au XIIème siècle sous la forme Leu, puis Lhieous et enfin Lueux au XIVème siècle. Au XIIIème siècle, il prit le nom de Lueux, traduisant très certainement la présence de nombreuses meutes de loups qui sévissaient alors dans la région. 


Manosque
Attestée sous la forme Manoasca en 978 et 984, Manuasca en 1013, Manoascha en 1019, Manoscham en 1205 puis la commune devient Manosque au XVIème siècle. Le nom de la ville, tel qu’il apparaît pour la première fois dans les textes est interprété de différentes manières. Une origine celto-ligure selon certains, avec la racine oronymique (qui désigne une montagne) MaN-(montagne/colline), et le suffixe asq, signifiant « peuple habitant le lieu ». Dans ce cas, le toponyme serait antérieur aux Gaulois. Pour d'autres, le nom serait tiré du latin manua, avec (mais sans certitude) le sens du mot occitan magne, gerbe, liasse de paille préparée pour servir à la couverture d’une habitation.


Maubec
Jusqu'en 1200, Maubec s'appelait MALBECIUM, en 1232 l'écriture MALBECO apparaît et se transforme en MALABECO en 1316. En 1322 MALBECO revient puis MALABECO en 1359. En 1378 l'évolution du nom aboutit à MALBEC puis à MALOBECO en 1406. C'est en 1550 qu'apparaît MAUBECQ puis MAUBEC en 1556. Ce nom serait tiré du latin « malum » (mal, mauvais) et du gaulois « becco » (bec).

 

Ménerbes
En 1081, les textes font référence au village sous le nom de Menerba, et par la suite de Minerbium. Le nom de Ménerbes est issu de celui de la déesse romaine Minerve.


Mérindol
Le nom de Mérindol est issu de « mar » et « rondolo » soit « Hirondelle de mer » en provençal, comme ses armoiries en font foi. La graphie Merindol et Merindolio est attestée au XIIIèmesiècle.


Mirabeau
Mirabeau (en provençal Mirabèu) vient de « mirar » qui signifie voir, regarder et de « bel », beau. En effet au XIIème siècle Mirabel ou Mirabellum désigne un lieu élevé d'où l'on voit loin.


Oppède
Le nom d'Oppède apparaît pour la première fois au début du XIème siècle. Il proviendrait du mot « oppidum » (ville fortifiée gauloise, sur un lieu généralement en hauteur), ce qui correspondrait bien au site d'Oppède-le-Vieux, qui est le vieux village perché d'Oppède.


Pertuis
La forme la plus ancienne est Pertusum, attestée en 981. Ce toponyme se rapporte au bas-latin « pertusium » qui désigne une trouée, un passage.


Peypin-d'Aigues
Podium Pini est d'origine romane, la racine Pey (Podium, Puy) désigne aussi bien la pierre qu'une sommité rocheuse. Il faut voir dans le suffixe Pini l'évocation d'une forêt de pins accrochée aux flancs de cette colline de pierres.


Pierrevert
Le nom du village, tel qu’il apparaît la première fois en 1113 « Petra viridi », signifie pierre verte. Le nom actuel est donc une francisation du provençal « pèira » et « viridi », pour pierre verte.


Puget
La forme la plus ancienne est del Puget, attestée en 1257. Ce toponyme, qui n'a pas varié en huit siècles, est composé de podium (hauteur) qui s’est transcrit en « pogito » et du suffixe diminutif -ittum.


Puyvert
La forme la plus ancienne est « Podio Viridi » de la racine Pey (Podium, Puy) et viridi (vert), attestée en 1300. Ce toponyme suggère sa traduction actuelle en puy vert.


Reillanne
Reillanne tire son origine du nom provençal  « Reio »  qui signifie soc de charrue. Cet instrument figure d´ailleurs sur les armoiries du village .


Robion
L'origine du nom est inconnue. Autrefois, les gens du pays disaient que le nom de Robion provenait du mot provençal « roure », qui signifie chêne (robur en latin) : « Roubioun, disoun li païsans, s'apello ansin per ço qu'autri fès, i avié que de roure ». Selon certains spécialistes, le nom de Robion pourrait provenir de la racine « rup » (rup : rocher à pic, sens du latin rupes). La situation du village, au pied des falaises abruptes du Luberon, vient à l'appui de cette hypothèse.


Roussillon
Son nom est formé avec le suffixe -one sur le nom d'un personnage latin Ruscilius (ou Roscilius), éventuellement Rusticelius, et désigne un domaine gallo-romain portant le nom de son fondateur. On a parfois envisagé aussi un dérivé de l'ancien français rossel (pour roseau).


Rustrel
Rustrel est mentionné au XIIème siècle sous le nom de "Rograstrel" puis, en 1274, "Ruastrello" dans le Cartulaire de l'Église d’Apt.


Saignon
Ce nom proviendrait d’un personnage latin dénommé Sanius qui semble s’être transmis jusqu’au haut Moyen-Age. En effet, une charte du Cartulaire de l'Église d’Apt datée de 906 est signée par un Ansegnone (En’ Segnone). En provençal le préfixe EN, situé devant un nom propre, marquait la noblesse. Une autre hypothèse serait que le nom du village viendrait du latin « signum » qui signifie signal.


Saint-Maime
Le nom du village apparaît pour la première fois en 1018-1032 sous le nom de « Sancti Maximo », d’après le nom de saint Maxime de Riez, évêque de Riez, patron de l'église paroissiale, qui a évolué vers Saint-Maime par la suite.


Saint-Martin-de-Castillon
Au XIème et XIIème siècle, le village est constitué de deux gros bourgs : Saint-Martin qui appartient à l’Église d’Apt, et Castillon qui trouve son origine dans le « castellum », le château-fort, fief des Agoult. Au XVIIème siècle, les deux villages sont réunis et prennent le nom de Saint-Martin-de-Castillon en devenant le fief des Pontevès de Buoux.


Saint-Martin-les-Eaux
Le village s'appelait Sancti Martini de Paracollis au XIème siècle du nom du titulaire de la paroisse, puis Saint-Martin-de-Renacas au XIIIème siècle et Saint-Martin-d’Arnagas au XVIème siècle. Il devient ensuite Saint-Martin-le-Charbonnier. Durant la Révolution française, pour suivre le décret de la Convention du 25 vendémiaire an II qui invitait les communes ayant des noms pouvant rappeler les souvenirs de la royauté, de la féodalité ou des superstitions, à les remplacer par d'autres dénominations, celle-ci changea son nom pour Mont-Martin et Mont-Renacas. Après la Révolution, la commune revient à Saint-Martin-de-Renacas jusqu'en 1892. L’exploitation des eaux sulfureuses pour des cures thermales justifia ensuite son nouveau nom de Saint-Martin-les-Eaux par décret de la même année.


Saint-Saturnin-lès-Apt
Les peuplades gauloises se groupèrent vers 330 av. J.-C. au pied de Perreal, quartier Saint-Pierre, et formèrent le village d'Aniane qui fut brûlé par les Sarrasins en 869. Cette même année douze réfugiés d'Aniane vinrent construire une forteresse et quelques maisons sur le rocher qui prit le nom d'Aniane jusqu'au XIème siècle lors de la consécration de l'église paroissiale à saint Saturnin en 1056.


Sainte-Tulle
Le nom du village apparaît pour la première fois au XIème siècle sous la forme « Sancta Tulia », d’après le nom de Tullia, fille de saint Eucher, vierge et martyre à Manosque vers 430.


Sannes
Le nom du village résulte de la corruption d'Acianus, comme en témoigne la mention in « castro Acianae » de 1045, formé du nom gallo-romain Acius et du suffixe d'appartenance -anus. De 1793 à 1801, le nom officiel fut Saunes avant de prendre, en 1801, l'appellation définitive de Sannes.


Sivergues
La tradition fait remonter le hameau à la fondation du monastère au Vème siècle par la femme du premier évêque d´Apt, Castor, aidée de six compagnes ("Six Virgines"). Certains d'ailleurs attribue le nom de la commune à ces six vierges. Il est cité en 1067 sous le nom de "Sex Virgae" et vers 1200 "Siuergia".


Vaugines
Les formes les plus anciennes sont « rupem Iouinum » et « ualle Iouina » attestées en 1004. Ces toponymes suggèrent le nom du dieu Jupiter, Iouis (Jovis). C’est à partir du XIème siècle que l’on cite « Valle Jovina » ou « Rupem Jovina ».


Viens
Viens est cité en 1005 sous le nom de « Vegnis » puis en 1225 sous son vocable actuel.


Villars
Villars est un toponyme roman et un patronyme issu du latin villare. La forme la plus ancienne du nom du village est Villaribus et date de 1122.


Villelaure
Le village tient son nom de la Villa Laurias qui appartenait à un notable romain. Dès cette époque, un noyau d'habitants était installé à proximité du village actuel.


Villemus
Le terroir de Villemus n´apparait habité qu´à partir du Moyen-Age. Rostang de Villemus est mentionné comme possesseur du fief en 1025.


Vitrolles
Le nom de cette commune trouve son origine dans le latin « vitrolea » (verrerie). Le village se nomme Vitroles-d'Aigues en 1793, puis devient Vitroles en 1801 pour finalement se renommer Vitrolles-en-Luberon à partir du 11 août 1996.


Volx
Le village, appelé Vols ou même Rocam de Vols (la Roche de Volx, en référence à la montagne isolée entre Luberon et collines de Forcalquier), tire son nom d’une racine très ancienne, probablement oronymique c'est-à-dire décrivant un relief, certainement antérieure aux Gaulois.
Comme vous avez pu le constater, cette liste n'est pas exhaustive. Aussi, nous faisons appel à vous pour compléter, voire corriger, cet article.

© ßy Clin