La libération d'Apt  le mardi 22 août 1944 par les FFI
La libération d'Apt  le mardi 22 août 1944 par les FFI

La libération d'Apt  le mardi 22 août 1944

D'après le récit de Raymond Chevalier alias Pascal, ex chef militaire des F.F.I. du secteur d'Apt, extrait de son livre « Dix jours qui ont changé la vie »

Le nouveau préfet de Vaucluse, accompagné par Joseph Cucumel, chef de la N.A.P. (Noyautage des administrations publiques), qui se trouvaient à Apt au moment des événements, décide de sa propre initiative, de se présenter au commandant allemand occupant la région afin de parlementer avec lui et d'obtenir sa reddition.

Vers 10 heures du matin, il se présente aux avant-postes ennemis et demande à voir le chef de détachement. Il est immédiatement reçu et précise au commandant allemand ce qu'il attend de lui.

Il lui fait comprendre que la situation de ses troupes est sans issue et que la capitulation serait la solution la plus sage. Il sera, bien entendu, traité avec les honneurs de la guerre.

L'officier allemand refuse de se rendre, bien que ses officiers subalternes soient ébranlés par cette incitation du Préfet. Monsieur Charvet se retire alors sans être inquiété.

Il semble que cette démarche, bien que n'ayant pas abouti à la capitulation ait cependant amené les Allemands à prendre de nouvelles dispositions.

Quelques heures plus tard, tous leurs véhicules viennent se ranger sur la place de la Bouquerie. Les hommes mettent pied à terre, et prennent leur repas.

Vers 14h30, la colonne s'ébranle, c'est le départ.

La troupe reprend la Route Nationale 100 vers les Beaumettes.

Avec beaucoup de difficultés, Beyne et moi-même nous avions pû toucher les Américains, juste au moment où ils montaient vers Sisteron. Mais notre démarche fut pratiquement sans objet, car ordre leur fût donné peu après, par le Grand Etat Major de se détourner vers Montélimar, où leurs troupes de la Vallée du Rhône avaient quelques difficultés (qui ne furent d'ailleurs que passagères).

Une colonne de la 7è Armée U.S. fut donc dirigée vers Céreste, et elle reçut par surcroît, mission de nettoyer au passage la zone d'Apt.

Pour compléter leur opération il fut fait appel à tous les éléments régionaux disponibles. Plus de 1 500 combattants furent ainsi placés sur les hauteurs autour de la ville. Tous les F.F.I. du secteur, ceux de Pertuis, de Céreste, de Manosque étaient là. Claude Arnoux dans son ouvrage sur le Maquis Ventoux, signale même la présence de la mission JEDBURG, parachutée quelques jours avant à Lagarde, et d'autres encore...

Les blindés américains étaient venus se ranger à quelques kilomètres d'Apt, au lieu-dit « St Quentin ».

L'attaque, primitivement fixée à 11 heures, fut finalement reportée à 15 heures.

Peu avant que le signal ne soit donné, nous apprenons que l'ennemi avait décroché, et c'est l'arme à la bretelle, et la joie au cœur que nous pénétrons dans la ville, hâtivement pavoisée. La puissante armée américaine nous accompagne. Elle n'a pas eu à intervenir, et c'est heureux !

Malheureusement tout n'est pas encore terminé.

Parmi les véhicules allemands en fuite vers les Beaumettes, l'un d'eux, pris à partie par le groupe Roux vers le pont Jullien fera demi-tour et reviendra vers Apt.

Au même moment, un camion découvert de la S.A.P. chargé d'une vingtaine d'hommes, débouche de la route de St Saturnin, croyant les opérations terminées.

C'est l'accrochage. Les nôtres se défendent, mais ils ont des victimes. Trois blessés sont emmenés par les Allemands qui retournent vers leur destination primitive.

On apprendra que ces trois Aptésiens ont été exécutés aux Beaumettes : Albert Gimet, Raymond Guyader et Marcel Reynier.

D'autre part, Jean Pelloux, blessé grièvement décédera à l'hôpital tands que Charles-Marie Lajoux sera tué au cours du combat.

Alors qu'à la Bouquerie c'est la liesse générale, il est dit que l'ennemi ne veut pas nous laisser tranquilles.

Une voiture 302, réquisitionnée la veille par des Allemands au garage de « Titin » Graille, arrive en trombe et fonce sur la foule qui a bien du mal à se dégager. Il est impossible de tirer sur elle, et c'est seulement sur la route de Buoux qu'on pourra la récupérer, vide de ses occupants, qui se sont volatilisés dans la nature.

Encore quelques petites alertes, notamment dans le Calavon où un Allemand est abattu par Pierre Michel, et le calme est enfin définitivement rétabli.

 

Apt est libéré, et la joie de tous est grande.
Ce soir, je coucherai dans mon lit !

Album commémoratif de la libération d'Apt
  • Commémoration de la libération d'Apt par les FFI
  • Commémoration de la libération d'Apt
  • Commémoration de la libération d'Apt par les FFI
  • Commémoration de la libération d'Apt
  • Commémoration de la libération d'Apt
  • Commémoration de la libération d'Apt par les FFI
  • Commémoration de la libération d'Apt par les FFI
  • Commémoration de la libération d'Apt
  • Commémoration de la libération d'Apt
  • Commémoration de la libération d'Apt
  • Commémoration de la libération d'Apt
  • Commémoration de la libération d'Apt
  • Commémoration de la libération d'Apt
  • Commémoration de la libération d'Apt
  • Commémoration de la libération d'Apt
  • Commémoration de la libération d'Apt
  • Commémoration de la libération d'Apt
  • Commémoration de la libération d'Apt