Anne Swoboda Artisan Bottier en Luberon
ANNE SWOBODA

11 août 2013 ANNE SWOBODA - Artisan Bottier en Luberon 

Arrivée en droite ligne des steppes Slaves et récemment installée dans le Luberon Anne Swoboda fabrique des chaussures sur mesures dans le respect de la tradition. Alliant savoir-faire et originalité, elle crée des pièces uniques entièrement réalisées à la main. Outre sa qualité de bottier Anne Swoboda est styliste modéliste. Elle sait écouter vos rêves de chaussures et les transformer en modèles adaptés à votre personnalité.

Poussée par la curiosité, je me rend à son atelier niché dans le charme discret du vieil Apt. La démarche altière et le sourire aux lèvres Anne Swoboda vient à ma rencontre. Toutes sortes de chaussures jonchent le sol, des bottes compensées, des escarpins à brides soulignés de liserés, des bottines à poils longs … Dans l’odeur particulière des cuirs et tapissant les murs, des formes en bois, des peaux de chevreaux roulées et des patronages en cartons de toutes sortes. Nous nous asseyons sur des tabourets de chaque côté de la table maculée d'outils et d'objets en tout genre.

DL: Anne Swoboda, le bruit court que vous arrivez tout droit du Kazakhstan est ce vrai ou pure fantaisie due à votre nom.

AS: (Rires) Oui mon nom est Slave mais pas Kazakhe d’ailleurs j’en ai pas les traits. En réalité il est tchèque. Pour ma part, j’ai été élevée dans le nord de la France. J’en suis partie une fois ma formation terminée. Plutôt nomade dans l’âme, j’ai parcouru plusieurs régions avant de découvrir le Luberon. J’aime son côté sauvage, la grande variété de ses paysages et son climat radical. Quand il pleut c’est l’inondation, quand il fait froid, il gèle et quand il fait beau on cuit! J’adore ça! Je n’aime pas l’eau tiède, c’est mon côté slave.

DL: D’où vient votre passion pour les chaussures

AS: A 12 ans j’ai vu “Le Magicien d’Oz”. Judy Garland claque les talons de ses chaussures de rubis et passe dans un autre monde. Un monde magique et onirique. Plus tard, une paire de “pantalon –bottes sur talons aiguilles” d’Herbert Levine me trouble… On peut mélanger le masculin et le féminin sans que le masculin ne l’emporte. Le pouvoir de ses chaussures et plus particulièrement des talons, me fascine.

DL: Les talons auraient un pouvoir Y voyez vous une symbolique

AS: Bien sur que les talons ont un pouvoir! Celui de vous transformer en femme! Pour l’adolescente que j’étais c’était une révélation… De plus pour marcher correctement avec des talons il faut poser la pointe d’abord et le talon ensuite ce qui vous donne immédiatement une démarche tellement chaloupée que la plupart d’entre nous mettent des compensés ou pose le talon d’abord ce qui fait le bonheur des cordonniers. Je ne suis pas fétichiste. Bien sur je suis consciente que la posture du corps perché sur 10 cm change l’allure et puisse être soumis à évocation mais tout n’est qu’une question d’angle de vue. Le fait que je conçoive plutôt des chaussures à talons hauts à trait à la sculpture, l’objet, le design , les courbes. Mes modèles sont plus inspirés du Bauhaus, par la force des lignes de l’affichiste Cassandre ou le sculpteur animalier Jouve que par John Willie.

DL: Comment avez vous appris à fabriquer des chaussures sur mesures

AS: J’ai d’abord appris à regarder et à voir. Ensuite j’ai suivi un apprentissage chez un maître bottier. Maurice Arnoult à Paris. C’était un monsieur passionnant. Quand je l’ai rencontré il y avait déjà plusieurs apprenties dans son minuscule atelier de 3 mètres carrés. Il nous montrait tous les trucs sans mystère et savait expliquer le geste. Il nous transmettait bien plus qu'un savoir faire. Bien entendu, il nous instruisait sur la technique lorsque nous posions des questions mais le reste du temps, tout en travaillant, il nous racontait sa vie et philosophait. Plus qu’un bottier c’était un libre penseur et un Juste. Il est mort à 102 ans en laissant ses apprenties reprendre le flambeau. Son message était que quelque soit votre âge et l’état de vos pieds, vous aviez le droit à de jolies chaussures qui vous mettent toujours en valeur.

DL: Que proposeriez vous à une femme comme moi qui trouve que ses pieds sont affreux et qui déforme même les plus jolis escarpins.

AS: C’est ce que pensent beaucoup de femmes. En réalité, ce n’est pas que leurs pieds soient affreux c’est qu’elle n’arrivent plus à se chausser dans le commerce. La plupart des modèles “fashion” sont fabriqué dans des pays dont les standards anatomiques sont différents des nôtre et la bien souvent dans des matières inadéquates. Je trouve que ce n’est pas du luxe que d’avoir des chaussures adaptés à son pied. C’est bon pour le dos, le mental et le moral.

Dites moi quelles sont les chaussures de vos rêves et nous les réaliserons ensemble. Nous parlerons de vos goûts, choisirons des finitions raffinées, les matériaux adaptés et les détails importants. Vous pouvez porter tous les modèles dont vous rêvez, tout est dans la mesure.

Anne Swoboda.

http://www.bottier-anneswoboda.com/
sur rendez vous au 06 22 01 18 46