Une actualité du Luberon

15 Jan. 2008 - BLACHÈRE ILLUMINE LES CHAMPS ÉLYSÉES 

Quelques jours après l´inauguration des illuminations des Champs-Elysées réalisées par l´entreprise aptésienne Blachère Illuminations et après le déluge médiatique qui a suivi, nous avons interviewé jean-Paul Blachère, le PDG d´une entreprise qui a connu une croissance exceptionnelle depuis une quinzaine d´années et qui depuis quatre ans s´est engagée - en même temps - dans une politique de développement durable et dans le mécénat d´art, art contemporain africain bien entendu....

Une partie des locaux de Blachère Illuminations à  Apt. Photo aérienne Thierry Riols.

 

 

Les Champs Elysées illuminés par Blachère Illuminations. Photo Jérémie Pitot.

P.A. : Les Champs Elysées n´est-ce pas le paradis pour un chef d´entreprise
J.-P. B. : Les illuminer, c´était un rêve un peu inaccessible. Les grands fournisseurs d´éclairage sponsorisant l´événement, le marché était particulièrement difficile. Cette année, il y a eu tin appel d´offres international, l´équipe Blachère sous la direction de Frank Peschier, responsable du service des villes de France, a répondu au défi et a remporté de haute lutte le challenge. Cela dit, les 450 arbres des Champs Elysées ne sauraient cacher la forêt : nous travaillons avec les principales villes européennes, avec Disneyland dans le monde et en particulier à Orlando aux Etats-Unis. Tout le monde sait que nous avions fait franchir une Tour Eiffel scintillante dans le millénaire. Et puis, il y a toutes les villes et villages qui nous font confiance depuis longtemps et que nous tenons à conserver comme clients et nous y mettons toute notre énergie tant au plan technique que commercial.

P.A. : Est-ce difficile de traiter en design d´illumination une avenue qui mesure 2400 mètres et où passent 100 millions de personnes chaque année
J.-P. B. : Il y a des contraintes financières et techniques qui ne doivent pas gêner l´innovation technique et l´esthétique.

P.A. : L´innovation technique concerne surtout l´économie d´énergie
J.- P. B. : La LED (Lighting Emitting Diode) consomme peu d´énergie, émet peu de chaleur et a une longue durée de vie. Grâce à notre lampe conique, elle offre une luminosité exceptionnelle, une diffusion de la lumière à 360 degrés. Plus d´un million de LED scintillent sur les Champs Elysées. Ces petites lampes à éclat consomment 10 % de l´ancienne formule. Au total nous passons de 2000 kwh à 200 kwh. Avec l´allongement de la période illuminée, la facture d´électricté sera divisée par sept. Les contribuables parisiens apprécieront ! Le résultat obtenu montre à l´évidence que nous avons éliminé toute forme d´agressivité, toute forme de pollution lumineuse, nous avons privilégié la légèreté et l´élégance.

P.A. : Nous sommes passés au côté esthétique...
J.-P. B.: Nous avons voulu créer un événement "Paris-Champagne" en donnant aux arbres une forme de flûte de champagne avec des bulles scintillantes mélangés à des flocons de neige. Des flocons lumineux qui chutent dans des flacons de lumière.

Les établissements Blachère Illuminations à  Apt. Photo aérienneThierry Riols.

P.A. : C´est un sacré coup médiatique, tous les journaux télévisés du soir, en prime time, en ont fait leurs images.
J.-P. B. : L´ensemble du personnel a été très touché par cette réussite. Nous allons communiquer sur ce projet pour consolider notre développement international sachant que sur les 100 millions de visiteurs, il y a vingt millions d´étrangers qui passent chaque année sur les Champs Elysées. Et notre contrat dure trois ans !

P.A.: Qu´est-ce que tu ressens quand tu mesures le chemin parcouru depuis 37 ans
J.-P. B. : le chemin a été long depuis les ampoules du quartier Saint-Pierre que je posais avec mon père Hubert qui sonorisait les fêtes, jusqu´aux Champs-Elysées pour cette fin d´année. J´éprouve un sentiment de sérénité et une reconnaissance du travail réalisé par l´ensemble du personnel.

P.A.: Y a-t-il une recette pour expliquer ce développement
J.-P. B. : La recette c´est le travail, la persévérance, l´ambition des objectifs. Ne jamais renoncer ! Les plus belles victoires sont celles qui demandent le plus de sacrifices. Les erreurs forgent l´expérience et si l´on sait les reconnaître, elles nous endurcissent et nous font progresser.

P.A. : Cela montre aussi que l´on peut réussir en restant à Apt
J.-P. B. : Aujourd´hui c´est possible grâce aux progrès technologiques, notamment grâce à l´internet. C´est possible si l´on se concentre sur la réactivité, sur la créativité, sur la recherche.

P.A. : La presse internationale a salué l´opération des Champs-Elysées comme une réussite écologique.
J.-P. B. : C´est vrai, faut-il le répéter, que nous avons privilégié l´élégance afin d´éviter la pollution lumineuse. Cette stratégie s´inscrit dans une politique globale de l´entreprise pour le développement durable. Les actes sont plus importants que les paroles. J´ai déjà dit que nous utilisions une LED qui économise l´énergie et notre bureau de Recherche et Développement travaille en partenariat avec les fabricants sur une LED encore plus effica¬ce en termes de capacité d´éclairement. Dans l´entreprise à Apt, nous avons installé des panneaux photo-voltaïques et des éoliennes pour produire une partie de notre énergie. Nous récupérons les eaux de pluies pour le lavage et l´arrosage. Nous trions les déchets. Pour cela nous bénéficions des conseils de l´APARE créée par Etienne Fourquet.

P.A.: Les media se sont aussi intéressés à la Fondation pour l´art contemporain africain.
J.-P. B. : Cela fait déjà quatre ans que j´ai voulu créer cette fondation d´entreprise afin d´aider l´Afrique en favorisant la promotion des artistes contemporains de ce continent et leur accès au marché international. C´est une démarche altruiste qui a été reprise par une petite équipe qui a mis toute son énergie à réaliser un projet humaniste et esthétique au travers de nombreuses actions. Ceci étant dit, il ne faudrait pas que les Africains confondent aide et assistance. Il est temps pour eux de couper le cordon ombilical avec l´Europe et de s´assumer. Les élites africaines doivent se recentrer sur leur continent.

P.A. : Le sujet à la mode pour les entreprises qui se veulent citoyennes est d´essayer de concilier le développement durable et le mécénat d´art, as-tu trouvé une solution originale
J.-P. B. : L´entreprise et la Fondation sont en synergie. L´entreprise est engagée fermement dans une politique de développement durable et dans le mécénat d´art. Les artistes africains en réutilisant les objets utilisés, en recyclant les déchets, en esthétisant, en métamorphosant donnent une solution qui correspond à la tendance écotopique, l´écologie de la maison. Nous avons demandé à dix artistes africains de créer des guirlandes avec des objets réutilisés. En même temps, la boutique de la Fondation vend dans le cadre d´un commerce qui se veut équitable, des pères noëls habillés de tôles re-découpées, le jardin du centre d´art présente une statue composée de déchets métamorphisés et esthétisés. Il y a bien un lien entre cette statue du camerounais Francis Sumeigné dont la chevelure est tressée de vielles bougies de voitures et le million de LED ultra modernes des Champs Elysées : on peut sauver la planète bleue en faisant du beau.