Un village du Luberon

SAINT MARTIN LES EAUX

Département des Alpes de Haute Provence 
 

Saint Martin les Eaux, petit village perché en Luberon, est à une altitude moyenne de 560 mètres sur le versant nord de l´extrémité orientale du massif du Luberon. L´ensemble du village, tourné vers le Sud-ouest est niché dans un cirque de collines boisées où le chêne domine. A une douzaine de kilomètres au nord-ouest Manosque, à huit kilomètres à l´est de Reillanne et treize au sud-ouest deForcalquier, il s´ouvre résolument vers la vallée du Largue et le Pays de Forcalquier. Il compte à l´heure actuelle une centaine d´âmes contre 37 en 1982 et jusqu´à 186 en 1871.

Grâce à un contexte géologique particulier, Saint Martin les Eaux a connu un passé industriel minier grâce à la présence du lignite sur son territoire mais aussi, jusque dans les années trente une vocation thermale par l´exploitation de ses sources sulfureuses. C´est actuellement encore de la géologie de son sous-sol où hydrocarbures et gaz naturel sont stockés en cavités salines qu´il tire une bonne partie de ses ressources. Sa vocation agricole n´est bien sûr pas de reste: élevage ovin, caprin, bovin et équin, polyculture, exploitation forestière constituent son socle rural. Tourné vers un tourisme grandissant un gite-auberge accueille les hôtes de passage. Quelques entreprises et travailleurs indépendants complètent son paysage économique.

Saint Martin les Eaux Contexte géologique

Saint-Martin-les-Eaux est situé au coeur du bassin sédimentaire fluvio-lacustre oligocène (phase moyenne de l´ère tertiaire autour de 35 millions d´années) qui s´étend de Forcalquier jusqu´à Apt et se prolonge jusqu´au Verdon à la sortie du Grand Canyon. Constituée en anticlinal l´ épaisse couche de sédiments tertiaires contenant des lignites et du gypse s´est trouvée bouleversée par le percement d´un dôme de sel (diapir) généré par la deuxième poussée alpine. Ce sel gemme extrudé au travers des failles de l´anticlinal est attribué à l´Oligocène inférieur ou à l´Eocène. Le toit de ce diapir salin est à environ -60 mètres de la surface topographique, immédiatemment sous le substrat sannoisien (marnes sableuses) au lieu-dit Patatonis où il existe une source saline. Gypse, lignites et sel sont les trois manes géologiques qui ont forgé le destin économique de Saint-Martin-les-Eaux.
Bibliographie G. BESSONNAT in "Eaux thermales et thermominérales de Provence", Ed. Nature en Provence, 1987.

L'histoire

La fréquentation du terroir de Saint-Martin est ancienne comme l´attestent les objets de pierre préhistoriques retrouvés sur le territoitre de la commune. Il sont essentiellement attribuables au Néolithique lato-sensu (entre 5000 et 2500 ans avant notre ère). La présence gallo-romaine se manifeste par l´existence d´un four de potier conservé au lieu-dit Patatonis au sein des installations industrielles de Géostock et de quelques vestiges céramiques épars.
Bien qu´un important hiatus chronologique reste pour l´heure à combler faute de vestiges archéologiques et de témoins écrits, il est raisonnable de penser que le Site de Saint-Martin a été occupé de manière régulière au fil des siècles, ne serait-ce que par la présence de sources pérennes et de sa situation privilégiée.

Après s´être appelé tour à tour Sanctus-Martinus, Saint-Martin de Paracols (du nom du titulaire de la paroisse), Saint-Martin de Renacas (XIIIe), Saint-Martin d´Arnagas (XVIe), Saint-Martin-le-Charbonnier puis et enfin, par un décret de 1892, Saint-Martin-les-Eaux.
Les documents historiques font état de l´acquisition ancienne de Saint-Martin par la famille seigneuriale des Laincel (Lincel) établie sur le lieu du même nom depuis 1061. On doit à cette famille l´édification du Château au XVIe siècle.

Au milieu du XVIIe siècle la seigneurie de Lincel-Saint-Martin appartient toute entière à la maison De Croze de Lincel. Grâce à un mariage, une nouvelle famille acquiert les propriétés de Lincel-Saint-Martin.

En 1894, une vieille famille martinoise, les Arnoux-Lestienne devient propriétaire des sources sulfureuses et du Château qu´elle transforme en hôtel thermal.
Cet édifice, maintes fois remanié, fut acheté par la commune en 1981.

Texte rédigé d´après le travail documentaire réalisé par Mme Sylvie ROUZÉ.

 

Les sources de Saint-Martin-les-Eaux

a)- La source sulfureuse

Signalées dès 1784 par M. Darluc, les eaux de Saint-Martin de Renacas ont fait depuis la réputation de cette petite commune. La petite galerie voûtée en pierre sèche en contrebas de la départementale 505 à environ 1200 mètres au sud du village a été bâtie en 1880. Elle protège la source qui s´écoule en aval où se trouve quelques dizaines de mètres en aval les vestiges du bâtiment des thermes. Le petit cours d´eau qui en nait se jette dans le ravin de PifArat, lui-même affluent du Largue à proximité d´une mine de lignite et de la gare toutes deux désaffectées.
Ces eaux minérales sulfureuses furent autorisées par le Ministre du Commerce le 30 décembre 1884. En 1903, cette source prend l´appellation de "Renacas", puis de "Château" et enfin d"´Huguette" en 1933. Son débit est d´alors de 25 à 60 1/m. Elle sera définitivement fermée pendant la deuxième guerre mondiale le 6 mai 1942.

L´eau s´écoule des calcaires et marnes bitumineuses du Sannoisien (Stampien inférieur), à cet endroit ces formations sont pratiquement verticales. L´eau sulfurée présente de nombreuses algues blanchâtres enrobant les végétaux immergés. Il s´agit de sulfuraires contenant des micro-globules de soufre dont l´oxydation en milieu confiné peut prendre plusieurs semaines. L´hydrogène sulfuré contenu dans ces eaux est responsable de leur odeur parfois désagréable mais après quelques heures d´oxydation l´odeur disparait.

 


ÀVOIR :

L'église Romane

L´église de Saint-Martin dépendait au Moyen Age du prieuré de Carluc qui était lui-même rattaché à l´abbaye de Montmajour. Récemment restaurée avec soin, elle a retrouvé tout l´élégant équilibre de ses volumes et présente une ornementation qui, bien qu´archaïsante, n´en reste pas moins remarquable.

 

ADRESSE UTILE :

Mairie de Saint Martin les Eaux
Le Village
04300 Saint Martin les Eaux
tel : 04 92 72 24 57
Fax : 04 92 87 71 38


ACCÈS :

Entre Cereste et Forcalquier par la D4100 à la hauteur de Saint Michel l'Observatoire prendre la D105 qui monte àSaint Martin les Eaux.

 

L'album de Saint Martin les Eaux