Chêne kermès du Luberon - Flore du Luberon

Chêne kermès du Luberon - Flore du Luberon

Le chêne kermès, chêne à cochenille ou chêne des garrigues, de son nom scientifique Quercus coccifera est une espèce d'arbuste à feuillage persistant poussant spontanément dans les terrains calcaires des régions méditerranéennes, en particulier dans la garrigue.

Il tire son nom de la cochenille qui le parasite, Kermes virmilio.

Petit arbuste touffu, semblable à un buisson, mesurant de 1,5 mètre à 3 mètres au maximum, ses feuilles petites, coriaces, d'un vert luisant, sont bordées de dents épineuses comme des feuilles de houx. On les distingue de celles du chêne vert par leur aspect luisant sur le dessus et le dessous, contrairement à ce dernier dont la feuille est pubescente et blanchâtre sur le dessous. On le reconnaît également à ses glands, de forme globuleuse et dont la cupule, qui les enveloppe pour plus de la moitié, est couverte de nombreuses écailles rigides, terminées en pointe aiguë.

Originaire du bassin méditerranéen, on trouve le chêne kermès jusqu'à la Drôme vers le nord et l'Aveyron vers l'ouest. Espèce de pleine lumière, très bien adaptée à la sécheresse, peu exigeante sur la richesse du sol, le chêne kermès parvient à pousser là où toute autre espèce aurait échoué. Ainsi face aux conditions extrêmes dans lesquelles on le trouve, il est capable de bloquer sa croissance.

Mais l'une des caractéristiques les plus importantes du chêne kermès est sa résistance au feu. Non pas qu'il soit capable de résister à un incendie, mais parce que c'est un des premiers arbustes à reconquérir les terres incendiées, de nouvelles pousses se forment très vite à partir de ses racines traçantes. Après un feu, la lumière est le signal déclencheur pour les bourgeons prêts à éclore. D'ailleurs la tradition populaire lui attribue le don d'immortalité.

En Provence, la « garouille », l'écorce de la racine très riche en tannins, était récoltée pour teindre en orange la laine et le cuir. Mais le principal agent colorant produit par le kermès était extrait d'une galle couleur sang de la grosseur d'un pois, fixée sur feuilles et nommée « graine écarlate » ou « vermeou » dont on tirait en Provence une teinture rouge écarlate. On dit que c'est avec cette cochenille que la tunique que le Christ portait lors de sa Passion était teinte.

La récolte difficile de cet insecte fut longtemps le profit le plus rentable que l’on put en tirer. Grattées avec l’ongle que se faisaient pousser exagérément les femmes, les cochenilles étaient séchées puis broyées.

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