Exposition des sculptures de cet artiste sénégalais à la Fondation JP Blachère
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Jeudi 20 Novembre 2008
St Edmond
Provence > Kiosque Provence > Culture et Loisirs > Art contemporain > Moustapha Dimé
Cette exposition est un hommage posthume à l’un des plus grands artistes du Sénégal qui avait été invité à la biennale de Venise en 1983 et dont des oeuvres avaient été acquises par le MOMA de New-York avant de disparaître prématurément. La cinquantaine d’oeuvres présentées ont été exhumées de grandes caisses qui attendaient depuis près de dix ans à Paris un retour problématique sur sa terre natale. La Fondation sollicitée a accepté de les rapatrier en faisant une halte à Apt, dans son centre d’art, situé sur l’avenue des Argiles, dans la zone industrielle, au coeur même de l’entreprise.
Le vernissage a eu lieu le 17 juin en présence de sa veuve, de sa fille et de son assistant, l’artiste Gabriel Malou. Tous les trois ont été invités par la Fondation et sont venus de Saint-Louis du Sénégal pour cet hommage.
L’art de Dimé parle « du travail du temps » comme l’écrit si bien Ayoko Mensah ... « Choses échouées, abandonnées, oubliées, jetées ne sont pas mortes. Simplement vieillies. Il les regarde, en ramasse certaines, dans les rues de Dakar ou sur les rochers de Gorée, el les installe dans son atelier. Là, il se met à les écouter. ». Alors l’artiste redonne vie à ces objets devenus inutiles, leur invente un autre devenir, il les métamorphose. Ainsi cette branche qui avait porté des fruits dans une autre vie a repris forme, polie par l’eau de l’océan et par la grâce sublime de cette danseuse... étoile, l’eau et la lumière ! Dans ce recommencement on peut voir l’ une des caractéristiques de la création contemporaine africaine. Même si Dimé, comme d’autres grands artistes du continent africain qui ne renient pas leurs racines, proclamait, dans un entretien avec Daniel Sotiaux, que l’art contemporain africain « ... doit être un art universel. ». Ce qui résume une question récurrente dans une problématique... universelle.
Dimé a étudié la sculpture et l’ébénisterie à l’Ecole Nationale des Arts de Dakar. Attributaire d’une bourse d’étude du président Senghor, il a parfait ses études par un voyage qui l’ emmené au Mali, au Burkina, au Ghana et au Nigéria. Sa maîtrise se lit dans l’un de ses dessins que nous publions ici et qui sera dans l’exposition. Et puis, un jour surgit la lumière, à l’aube, c’était en 1990. Dimé raconte à Ayoko Mensah : « Il y a des périodes dans la création où l’on cherche à équilibrer des choses, à trouver un style. Et puis, un matin, on se réveille et l’on sent qu’on veut être soi-même, le plus naturellement, le plus simplement possible. J’ai arrêté de me compliquer la vie. Je me suis mis à utiliser les matériaux qui me plaisent. Tout est devenu plus facile. Moins encombré. » De ce jour, Dimé qui a trouvé la lumière, navigue seul sur l’océan, il s’invente un style, il impose une œuvre ... . Dimé dit, alors, à Ayoko : « Ce que j’aime dans ce matériau, c’est l’histoire de l’eau sur le bois. Elle imprime tout un vécu comme le fait l’existence sur les êtres humains. C’est dans cette histoire-là que j’essaye de libérer, de maître en valeur. »
La force de son travail peut s’expliquer par son lieu de vie et par sa spiritualité, sans vouloir chercher un quelconque déterminisme qui n’a pas lieu d’être dans la création artistique comme dans d’autres disciplines d’ailleurs. Cependant, le cadre géographique est ici prégnant. Son atelier, installé dans une tour de guet, ancien fortin colonial, lieu emblématique d’une histoire cruelle, sur la plus haute et la plus sauvage falaise de l’île de Gorée, surplombe l’océan. L’artiste vit dans le bruit des vagues qui s’écrasent sur le rocher et rêve d’une lumière que lui offre chaque jour l’océan. Il attend la lumière et guette les offrandes du ressac pour créer.
L’autre ressort de son imagination créatrice est la spiritualité. Ayoko Mensah, qui l’a connu et interviewé peu avant sa mort, avec le photographe Thomas Dorn dont les photos sont mises en valeur par la scénographie de l’exposition, conclut, en effet, que « Dimé est à la fois sculpteur, philosophe, religieux. Il puise dans sa foi musulmane et son admiration pour Cheikh Ahmadou Bamba une spiritualité qui nourrit sa vie comme sa création. ».
Cette exposition dure jusqu’au 10 octobre. En fin d’année, elle sera suivie par une exposition consacrée aux lauréats du prix de la Fondation lors des rencontres de la photo et de la vidéo de Bamako.
15-11-08 au 15-12-08
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Apt en Provence
Agence HORIZON GRAPHIK
Infos :
04.90.76.16.88
17-11-08 au 23-11-08
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Apt en Provence
Maison des Jeunes et de la Culture
Infos :
04 90 04 88 80
Elle vise à développer les échanges et l’intercompréhension culturelle entre l’Europe et l’Afrique, par la médiation de la création et de la promotion artistiques.