Nature et environnement en Luberon

DÉVELOPPEMENT DURABLE EN LUBERON

La prise de conscience de l'importance de l'environnement a dépassé le simple stade de la protection de la nature et a permis d'intégrer cette notion d'environnement à une démarche plus globale de développement.
Un développement économique ne peut plus se concevoir, aujourd hui et pour l avenir, s il ne prend pas en compte le progrès social et la lutte contre les inégalités d une part, la préservation de notre environnement et des ressources naturelles d autre part.

Une croissance qui amplifierait les phénomènes d´exclusion sociale, la concentration des richesses et des activités, et qui négligerait la gestion économe de nos ressources et la maîtrise des impacts des activités humaines sur les milieux ne peut pas être considérée comme durable.

Une démarche globale de développement

 

A l'inverse, les préoccupations de la préservation de l environnement et des équilibres écologiques actuels et futurs doivent prendre en compte la situation et les besoins des pays pauvres et des populations en difficulté, comme ceux des pays et des zones économiquement développés.

En d autres termes , le développement durable peut aujourd hui être défini comme la recherche d une cercle vertueux entre : l économique, l écologique et le développement social.

Le développement durable est un mode de croissance qui garantit à la fois et à long terme, le progrès économique, social et environnemental de la société.

Une stratégie de développement durable doit non seulement concilier ces principes mais considère qu il n y a pas opposition mais synergie entre ces trois objectifs. C est la stratégie des trois E: (D´après le dossier de présentation "les outils et les démarches en vue de la réalisation d´agendas 21 locaux" Ministère de l´Environnement et de l´Aménagement du Territoire Juillet 1997 )

Il est vrai que ces politiques parfois "agressives" étaient surtout centrées sur la préservation de la nature.

Une politique se référant au développement durable intègre le social à l économique et à l écologique non pas par la superposition des politiques mais par construction : moindre exploitation des richesses naturelles, redistributivité des activités pour optimiser le cycle de vie des produits, rôle des services liés à l environnement pour renforcer la solidarité et la cohésion sociale

Le développement durable implique d´aller au delà des politiques sectorielles, il exige des enchaînements entre celles-ci. Les effets sociaux et les conséquences environnementales d´un projet, quel qu´il soit, doivent être étudiés au même titre que sa rentabilité économique.

On retiendra encore la formule de René PASSET : "une croissance de PIB (Produit Intérieur Brut) accompagnée d exclusion sociale, de déculturation et d une dégradation du milieu n est pas un développement".

C´est pourquoi, les Nations Unies ont, depuis quelques temps, mis en place un nouvel indice (IDH : Indice de Développement Humain) qui intègre, outre les chiffres du revenu par habitant, des considérations sur les conditions de vie et le niveau d´éducation.

Le social médiateur entre l économique et l écologique, c est le pari du développement durable.

b - les principes du développement durable

Les objectifs poursuivis par le développement durable sont donc à la fois des objectifs de solidarité écologique et d´efficacité économique mais aussi de démocratie et d´équité sociale.

Pour cela, il s´attache à plusieurs principes :

le principe de solidarité à la fois dans le temps et dans l´espace

Dans le temps, il s´agit de promouvoir une forme de développement "respectant le taux de renouvellement de la ressource dans le cas d´une ressource renouvelable et prévoyant un échéancier de remplacement dans le cas d´une ressource non renouvelable"( Déclaration de Rio sur l´Environnement et le Développement 1992)

Dans l´espace, cela correspond à une solidarité Nord-Sud (co-développement), mais aussi à une solidarité européenne, ville-campagne ou centre-périphérie

le principe de précaution

Quand il y a un doute, il faut prendre des mesures de prévention. C´est le cas, par exemple, pour l´effet de serre. L´état de la connaissance ne permet pas aujourd´hui de prévoir toutes les incidences que peuvent avoir les émissions de CO2 sur les changements climatiques. Mais en attendant de pouvoir dissiper les incertitudes scientifiques dans ce domaine, il convient de prendre un certain nombre de mesures de "précaution" visant à limiter ou à diminuer les rejets de CO2 dans l´atmosphère.

La même problématique est à l´origine de la polémique sur la diffusion des OGM (Organismes Génétiquement Modifiés).

principe de participation

Pour que les démarches de développement durable ne tombent pas dans la dérive d´une "technocratie durable", il faut organiser l´information et la participation des citoyens, ce qui implique actions de formation, de sensibilisation et débat démocratique.

Ces principes sous-tendent toute l´action du développement durable qui se veut avant tout une démarche globale basée sur une analyse systémique.

c- La démarche méthodologique

Pour élaborer le contenu des programmes de développement régional et local qui intègrent les impératifs de développement durable, l´innovation principale consiste à passer de la dimension environnementale à une approche qui cherche non seulement à mieux articuler les champs traditionnel de l´économique, du social et de l´environnemental, mais aussi, à revoir les objectifs de chacun dans ces domaines :

- passer de la rentabilité économique à court terme à l´efficacité sur le long terme,

- aller de l´égalité uniforme à l´équité territoriale interne au territoire de référence mais aussi, entre celui-ci et son extérieur;

- passer de la stricte conservation écologique à l´équilibre environnemental intra et intergénérationnel.

Pour cela, il est nécessaire de s´appuyer sur une trame méthodologique précise :

- dresser un état des lieux en y intégrant les problématiques et les enjeux du contexte local, c´est-à-dire articuler et mettre en cohérence les projets avec les orientations régionales et locales.

Cette coordination des projets doit permettre d´optimiser la réponse aux besoins des citoyens.

- élaborer un diagnostic territorial en s´appuyant sur une analyse globale et systémique qui interroge tous les secteurs de l´économie, du social et de l´environnement afin de déterminer des finalités cohérentes et équilibrées.

- mettre en place, à tous les stades de la définition des projets, une participation et un partenariat le plus large possible. La participation des citoyens implique leur sensibilisation et leur formation préalable. Le contexte de développement actuel exige de partir des besoins à satisfaire en les hiérarchisant, et non plus d´une logique de l´offre.

- dans une optique de développement durable, il est important de s´inscrire dans une démarche d´évaluation qui détectera les ruptures nécessaires et les réorientations à entreprendre.

Cette démarche d´évaluation est indispensable d´une part, pour la transparence et la fécondité de la concertation, et d´autre part, pour une utilisation des fonds publics efficace et pertinente.

L´évaluation a priori et à posteriori des projets et réalisations n´est pas l´annexe d´une politique, elle en fait partie intégrante : elle suppose de définir explicitement, dès le début, des objectifs, des paramètres de suivi, des échéances de contrôle, voire de correction et, pour ce faire, d´ouvrir la concertation à tous les partenaires.

Sophie TREGLIA
mailto:sophietreglia@voila.fr